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To George Washington from Mde C. Pernot, 12 January 1797

Monsieur le Président Paris le 12 Janvier 1797.

Permettez à une Ancienne habitante de l’amérique, qui a eu l’honneur de Vous connaitre pendant Son Sejour a Philadelphie, d’interrompre un instant vos grandes occupations, pour Réclamer auprès de Vous la Justice qu’on lui fait craindre de Ne pouvoir pas obtenir auprès des tribunaux. vous êtes chargé comme président du Congrès de Veiller a l’exécution des loix de Votre pays, et c’est l’exécution Stricte de ces mêmes loix que Je Réclame. Souffrez que J’entre dans quelques Détails.



En 1786, J’épousai en france Mr le Couteulx de Caumont. un Article de Notre Contrat de Mariage portait expressément que Ma Dot montant a la somme d’environ cinquante et une Mille livres tournois Serait employée a acheter un bien fonds en Amérique. quinze jours après Mon Mariage, Je me Suis Embarqué avec Mr le Couteulx, et bientôt J’arrivai a Philadelphie. J’ai acheté une habitation près de trenton. en 1789, Je revins en france avec Mr le Couteulx. le Climat d’amérique ne Convenait pas a ma Santé, et Je désirais Vivre dans Ma famille dont J’avais été Séparée fort Jeune. en conséquence avant mon Départ J’avais donné a un Juge de paix des environs de trenton une procuration pour vendre Mon habitation, et m’en faire toucher le prix en france. un Mois après Mon arrivée a Paris, Mr le Couteulx Se Décida a repartir pour Philadelphie Pour accélerer, disait-il la Vente de Notre bien. Je Suis restée Seule en france avec deux enfants que J’avais eu de lui. Depuis ce temps, c’est a dire, Depuis le Mois de février 1790, Je n’ai plus entendu parler de Mr le Couteulx, depuis ce temps il jouit de ma fortune toute entière, dont il Ne M’a Jamais fait passer la moindre partie. Ma famille a Pourvu a mon existence et a celle de mes enfants Si Cruellement abandonnés de leur Père. J’ai profité alors des Nouvelles loix de la République J’ai fait prononcer mon Divorce, et je me Suis remariée. conformément aux mêmes loix, une assemblée de famille chargée de Prononcer Sur le Sort de mes deux enfants a décidé qu’ils Seraient tous les Deux confiés a mes Soins d’abord a Raison de l’incapacité Reconnüe du Pere pour Suivre leur Education, et en Considération de la fortune qui Se trouve entierement de Mon Côté, puisque Mr le Couteulx N’avait en Se Mariant que le nom d’une famille alors Considérée dans le Commerce. ces différentes Choses Réglées, Je me Suis occupée du Remboursement de ma Dot, remboursement qui dans le cas d’une Séparation doit M’être fait en entier, d’après un Article exprès de Mon contrat de Mariage. J’ai, Suivant l’avis de Mr Monroe Ministre des états unis d’amérique envoyé Ma procuration, et tous mes autres Papiers a Mr Edward livingston de New-york membre du Congrès. c’est lui qui est Chargé de la Poursuite de Cette affaire. Je ne le connais que d’après la Recommandation de Mr Monroe qui M’a beaucoup vanté Ses lumières et Sa Probité. on me fait Craindre aujourd’hui que la famille de Mr le Couteulx et même quelques Personnes de la Mienne, ne Soient assez puissantes pour faire taire les loix qui Sont toutes en Ma faveur. on Désirerait que Ma fortune restât en amérique Sous prétexte qu’elle y Serait plus en Sureté qu’en france, Et que de cette Manière le Sort de mes enfants Serait mieux assuré. ce calcul n’est a mes yeux qu’un Moyen d’Eluder pour toujours la Restitution de mon bien, et Personne ne peut avoir le Droit de M’empêcher d’en disposer a ma Volonté. ce bien est a moi, et ne Sera la propriété de mes enfants qu’après ma mort. d’ailleurs je Suis chargée de leur éducation de Pourvoir a leur Etablissement, le Pourrai-je Si le Seul bien que Je possède restes entre les mains de Mr le Couteulx qui depuis Sept ans N’a pas Daigné S’occuper d’eux ni de moi. ces Craintes m’ont Décidé a M’adresser a Vous Directement pour obtenir une prompte justice. oserai-je vous prier, Mr le président, de me Recommander Vivement à Mr livingston: Votre Recommandation animera Sans Doute Sans Zèle, et me donnera l’espérance de Réussir dans cette affaire la plus importante pour moi. l’avantage que J’ai eu de Vous Connaitre en amérique, et l’interêt que Vous voulûtes bien M’accorder alors, me font Espérer d’obtenir votre bienveillance. Votre humanité vous portera a protéger une femme et des enfants qui Réclament Seulement la Justice qui leur est düe. Je vous devrai une existence plus heureuse. Agréez les assurances de Ma vive Reconnaissance, et de l’estime profonde avec laquelle Je Suis Monsieur le Président Votre très humble et très obeissante Servante

C. Pernot ci devant le Couteulx de Caumont.


Si Vous Daignez M’honorer d’un mot de Réponse, Je vous prie de la faire adresser Sous enveloppe a Mr irenée Dupont imprimeur, Cul de sac de l’oratoire a Paris. il est le frère de Notre Consul français a Charles-town.


Translation

allow an ancient inhabitant of America, who has had the honor of knowing you, when she was at Philadelphia, to break in one moment—upon your important business, and to claim from you the Justice, which She is threatened not to obtain from the tribunals. as president of congress your are to cause the laws of your country to be faithfully executed: and it is their strict executions I claim. give me leave to let you know some of the particulars.



in 1786 I married in france Mr Le Couteulx de Caumont. one article of our marriage act, Stated explicitly, that my marriage portion amounting nearly to the sum of 51 thousand french livres would be employed in purchasing a real estate in America. a fortnight after my wedding, I embarked with Mr Le Couteulx, and arrived soon at Philadelphia. I bought then a farm near Trenton. in 1789, I returned in France with My husband. the Climate of America disagreed with my health, and I wished to live in my family, from which I was separated very young. consequently before my departure, I had given to a Justice of the peace in the neighbourhood of Trenton a power of Attorney to sell my farm, and forward me the price of it in france. a month after my arrival at Paris, Mr le Couteulx determined himself to set out again for Philadelphia, in order, said he, to quicken the sale of our estate. I remained alone in France with two children whom I had from him. Since that Time, that is to say, since the month of february 1790, I never heard anything from Mr le Couteulx. Since that time, he enjoys my whole estate, and has never forwarded me the least part of it. my family has provided for my existence and that of my children, so cruelly given up by their father. I then took advantage from the new laws of the republic; I obtained my divorce, and I married again, according to the Same laws, a family assembly appointed to pronounce on the fate of my two children has decided that they would be both entrusted to my care, first because of the aknowledged incapacity of the father to provide their education and then in consideration of the fortune which is entirely on my side, since Mr le Couteulx had nothing when he married but the name of a family then of credit in Commerce those different regulations being finished, I employed myself about the reimbursement of my marriage portion; which in case of a separation, was fully to be made to me, according to an express article of my marriage contract. I have, in consequence of the advice of Mr Munroe Minister of the united States, sent my power of attorney, and all my other papers to Mr Edward Livingston of New-York, member of congress. he is entrusted with the pursuit of that affair. I know him only from the recommendation of Mr Monroe who spoke to me in very high terms of his abilities and probity. I have reasons to fear now that the family of Mr Le Couteulx, and even some of my own, would have influence enough to silence the laws, which are all in my favour. they wish my property to stay in America, under pretense that it would be there safer than in France, and that So, the fate of my children would be more secure. that calculation is nothing to my eyes but a contrivance to avoid forever the restitution of my property: and nobody can have a right to prevent my doing of it what I please. that property is mine, and will be the children’s property only after my death. besides I am intrusted with the care of their education, to get them settled: how can I do that, if the only property which I possess stays in the hands of Mr Le Couteulx who since seven years, has not designed to trouble himself about them or myself[.] those fears have determined me to write directly to you, in order to obtain a quiet Justice. Should I dare to ask you, Mr President, to recommend me strongly to Mr Livingston. your recommendation will undoubtedly animate his zeal and will give me the hope of succeeding in that affair, the most important for me. the advantage I have had of knowing you in America, and the interest which you was so kind to bestow th[ere] upon me, give me the confidence of obtaining your good will. your humanity will engage you to protect a woman and children who desire only the justice due to them, I will owe you a more happy existence. receive the assurances of the sincere gratitude and profound esteem, with which I am, Mr President, your Most humble and obed[ient] Servant

C. Pernot


formerly Le couteulx de Caumont

If you are so kind to honour me with a word of answer, I pray you to direct it under cover to—

à mr ireneé Dupont imprimeur cul desac del’orato[ire] a Paris.

he is brother of our french consul at charleston.


DLC: Papers of George Washington.

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