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Charles Chalamet to James Madison

3 Mar. 1834

Monsieur, Washington le 3 Mars 1834.

Jusqu’ici ma Poésie, puis que vous avez l’indulgence de donner ce nom à quelques vers plus sincèrement pensés qu’élegamment écrits, ne m’avait procuré que des instans de plaisir et de délassement, pendant les intervalles de mon travail.

Mais aujourd’hui, Monsieur, c’est un véritable bonheur, qu’elle m’a fait trouver, puis qu’elle m’a valu Votre approbation à la quelle j’attache un Si grand prix, et le témoignage, d’un interêt, au quel mon obscurité ne me permettait d’aspirer.

Acceptez donc, Monsieur, toute l’expression de ma Gratitude pour vos bons Souhaits et la nouvelle assurance de tous mes sentimens de respect et de Considération. Votre très humble et très dévoué Serviteur

Ch. Chalamet

Quis te, Magne Cato, < > ..... alinquot ...........

Vel te Sulco, Serrane, Serventem!

Virgile. Eneide liv. 6.

1.

L’Amérique a brisé sa Chaine

Et sous ses pieds vainqueurs elle a foulé ses fers

Maintenant l’Aigle Americaine

Plane, en liberté, dans les Airs.

C’est une forte République

Qui s’élève et grandit sur de vastes débris

Et qui, Jeune, parait Antique

Par le courage de ses fils.

Pour lui donner la Naissance

Le Ciel a créé Washington .....

Pour sa seconde independance

Le ciel lui donna Madison. ......

Madison! à ce nom l’Amérique s’eveille

L’Anglais trouble, lui qui la Veille

Se répétait dans son Orgueil:

Qu’il faudrait que du Cercueil

L’Ombre de Washington se levât tout armée

Qu’elle attachât Son glaive à sa main décharnée

Pour le voir reculer devant "quelques Colons

Parjures à leur foi, Timides, et félons".....

...........................

Eh! bien, Oui, l’Ombre s’est levée

Mais non pas, ardente, irritée,

Mais non pas, le Glaive à la main,

Mais non pas, le regard hautain.......

Ses yeux étaient pleins d’espérance

Et sa bouche de Bien veillance:

"J’ai créé, dit elle, Soutiens

En me dois remplacer, dans ma tâche sacrée,

L’Etranger nous apporte une guerre abhorrée,

Il faut la repousser, Dieu le veut, Viens."

Second Père de la Patrie

Madison a parlé ...... les Soldats ont paru

Et dans l’âme du Chef, puisant leur énergie

Ils ont été Vainqueurs ...... L’Anglais a Disparu.

...................

Et L’Aigle un instant effrayée

Plus libre que jamais a plané dans les airs

Une seconde fois elle a brisé ses fers!

De son libérateur, son âile déployée,

Bientôt a répandu le nom dans l’Univers.

II.

Voyez dans sa noble retraîte

Des lauriers abriter la tête

De ce vénérable viellard,

Dont le nom fait trembler encore

Ceux que l’Ambition dévore

Et qu’il térasse d’un regard

Et ces lauriers dont il s’ombrage

Ne sont pas les fruits du carnage

Le sang ne les a pas rougis:

Ils n’ont pas fait couler de larmes

Et ce n’est pas avec des armes

Que le Héros les a cueillis!

Qu’il Etait Grand dans sa Puissance!

Quel Courage Quelle Constance!

Quel assemblage de Vertus!

Dans son asyle solitaire

Maintenant cultivant la terre

Reconnaissez Cincinnatus!

Les accens de la Gratitude

Viennent peupler sa solitude

La consacrer par des respects;

Et Chaque Etranger qui voyage

Y vient faire un pélérinage,

Afin d’admirer de plus près!

Avec Une Epouse Chérie

Qui de l’Amour de Sa Patrie

Partage avec lui la douceur

Qui reflète, Miroir fidèle

Les vertus d’un âme si belle,

Il a trouvé le vrai bonheur!

Venez tous admirer le Sage

Venez vous qui dans le carnage

Avez acquis votre renom

Venez et Courbez votre tête

Devant le grand Anachorète

C’est le verteux Madison!

III

Quel Poête a Chanté sa gloire?

Quel Marbre atteste ses vertus?

Quel Monument de Sa Mémoire

Conservera l’éclat quand il ne sera plus?

Quelle inscription Ciselée

Pourra de sa bouche d’airain

Redire à tous la renommée

Du second fondateur du Peuple Américain?

Le temps de sa faux meurtrière

Ne pourra jamais renverser

Que le monument Ephémère

D’une Gloire fragile et facile à passer.

Il peut détruire le Trophée

Qu’éleva le fier Conquérant

De Sa main tout insanglantée ....

Son trophée et son nom ne durent qu’un instant!

Il peut ébranler la Colonne,

Que la Cour érige au Tyran;

Il peut secouer la Couronne

Trop large pour le front d’un Despote ignorant.

....................................

Mais une Si noble Gloire

Trouvera partout des Echos

Contre une Page de l’Histoire

L’impitoyable Temps ébrechera sa faux.

Un nom protêge Cette Page

Un nom, Qui rit de ses fureurs,

Un nom, Qui se rit de sa rage

Un nom Impérissable ..... Il est dans tous les Coeurs.

Interrogez les tous, Demandez leur ce nom

Et tous avec Amour répondront: Madison.

C. C.

RC (DLC).

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